Liesse à Poitiers pendant le Grand Décollage vers Fyléas

Ce mercredi 8 mars, l’humanité a franchi un nouveau cap à Poitiers en s’envolant vers Fyléas. Le Grand Voyage est en cours pour une poignée d’explorateurs chanceux. Notre journaliste était sur place lors de leur départ.

Un grand bruit enveloppant la place d’Armes, des étincelles jaillissant de partout, des hourras s’élevant de centaines de bouches : c’est dans ce formidable boucan que la fusée PIQUETON-4 s’est arrachée à son pas de tir mercredi dernier, emmenant avec elle une partie des explorateurs choisis pour être les premiers à fouler le sol de la planète Fyléas, et à rencontrer ses habitants. Ce fut le point culminant d’une journée festive et riche en émotions.
Ce 8 mars, date choisie pour commencer le Grand Voyage, tout Poitiers était dans un état d’excitation avancé. Dès la mi-journée, une foule nombreuse avait envahi tout le centre-ville. Beaucoup s’étaient fait beaux pour l’occasion : costumes du dimanche, lunettes ornées et maquillages huppés étaient de sortie. Des crieurs publics rappelaient à chacun le programme, tandis que la première vague d’éclaireurs se rassemblait autour du grand télescope extérieur. Là, le président de la Société des Amis de Fyléas, Pierre Camoulovitch, exalta leur courage et leur enjoignit de représenter dignement la Terre auprès des fyléens. Puis le maire et lui leur remirent les clés de la ville, construites pour faire également démarrer la fusée.
Le départ de cette avant-garde, composée de nombreuses et nombreux fyléonautes aussi jeunes qu’enthousiastes, fut un moment éminemment joyeux. Devant nos yeux ébahis, leurs véhicules bigarrés prirent leur envol sous les acclamations de la foule. Quelle incroyable vision ! Comment vous rapporter ces images ? Comment vous faire imaginer le fameux Cryptorémouleur à tambour en plein essor, et le grand battement sonore qui l’accompagnait ? Comment vous décrire les mouvements harmonieux du Quadripus, semblable à une élégante pieuvre mécanique ? A leur suite, fusées, trains à anti-gravité et autres bateaux ailés devinrent bientôt de simples points lumineux dans le ciel.
L’effervescence de ce premier décollage réussi n’était pas encore retombée que déjà le lent allumage de la fusée Piqueton-4 commençait. Ses passagers faisaient leurs adieux à la foule alors que tout autour d’eux, fanfares et saltimbanques célébraient l’événement. La désormais célèbre Apolline Sierre s’engouffra en dernier dans l’astronef, refermant la lourde porte métallique derrière elle après avoir salué la foule d’un sourire radieux. De plus en plus de vapeur et de fumée montaient de dessous la fusée. Tous se regroupaient maintenant à une distance raisonnable, toujours dans une bonne humeur communicative. La suite appartient désormais à l’Histoire : la chaleur de l’allumage de l’appareil, le vacarme assourdissant de ses moteurs, puis son envol dans le ciel poitevin sous les cris exaltés du public. Nous vivons une époque formidable, et je mesure la chance que j’ai d’être celui qui vous rapporte ces événements inoubliables. J’espère bientôt pouvoir vous retranscrire les premières paroles de l’apprentie-professeure Sierre depuis Fyléas, lorsque que leur Grand Voyage sera accompli !
A Poitiers, Lysandre Carisse, pour la Gazette de Poitiers.